lundi 7 mai 2012

La langue arabe, un jeu d’enfant


Un jeu d’enfant d'émigrés sur les plages de Sicile : prendre l’accent des autres, là où ils vivent l'hiver : l’accent américain, l’accent arabe, l’accent romain de Rome, l’accent allemand, l’accent du nord de l’Italie… Et encore, retrouver ou faire semblant que certaines expressions sont d’ailleurs. Ainsi « Tala che m’accattai », dit très rapidement « Regarde ce que je viens de m’acheter », ressemble à de l'arabe, ou à de l'anglais, ou à un dialecte du nord de l'Italie, mais n'est pas de l'italien. 
La réalité :
Bagghiu (bahah) – cour intérieure, la cour intérieure, avec l’énorme eucalyptus qui perd ses feuilles l’été et parfume l’air.
Burnia (burniya) –  la jarre qui trône dans la cour intérieure.
Cafisu – (quafiz) – unité de mesure pour l’huile, et qui n’est pas la même déjà dans la ville d’à côté.
Carrubba – (harrub)- ce fruit du carrubo, qui est resté dans la mémoire des anciens du village, comme leur sucrerie préférée, pendant les années de guerre.
Favara – Le source où l’on se retrouve.
Giuggiulena (giulgiulan) – graine de sésame, sur le pain, à manger en premier.
Mischino (Miskin) – le pauvre, pauvre petit, que les grands-mères disaient aux mères pour qu’elles pardonnent.
Zibibbo (zabib) – raisin, très doux, très cher, à goûter profondément.
Et encore taliari (talaya), regarder, et observer. Talìa, regarde, en appuyant bien sur le i et en indiquant 
du doigt.



Pour aller plus loin :
-      
Vàrvaro Alberto, lingua e storia di Sicilia, 1981, Palermo
-       Ibid., La parola nel tempo : Lingua, società et storia, 1984, Il Mulino
-       Scholz Arno, Gli arabismi siciliani : prospetto riassuntivo dei principali studi, in Lüdte, 1996, 169-189.
-       Mancini, Marco, « La cultura araba », in Cavallo, Guglielmo/Leonardi, Claudio/Menestò Enrico (eds), Lo spazio letterario nel Medioevo, volI, Roma 1992, 199-217
-       Caracausi, Girolamo, Arabismi medievali di Sicilia, Palermo 1983

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